L'histoire de la Chine

L'empire Chinois

L'empire Qin
Vers -220, le prince Zheng de la principauté Qin réussit à conquérir tous les autres États et se proclama lui-même premier empereur de la dynastie Qin, en adoptant le titre de Qin Shi Huangdi. Bien que son règne n'ait duré que onze années, il obtint la soumission de grandes parties de ce qui constitue le territoire actuel des Han et réussit à lunifier le territoire sous un gouvernement étroitement centralisé basé à Xianyang (près de Xi'an). Il entama la construction la Grande Muraille. Cependant son successeur ne fréussit pas à poursuivre son œuvre. La dynastie des Qin s'effondra et la dynastie Han lui succéda après une longue période de guerres civiles.

 

L'empire Han (202 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.
fut la première dynastie de l'histoire chinoise à adopter le confucianisme. Il devint le soutien idéologique de toutes les dynasties suivantes et ce jusqu'à la fin de la Chine impériale. Sous la dynastie Han, l'histoire et les arts s'épanouirent, de nouvelles inventions améliorèrent la vie quotidienne des habitants et des empereurs comme Wudi renforcèrent et étendirent le pouvoir de l'Empire chinois en repoussant des peuples comme les Xiongnu (souvent assimilés aux Huns), en soumettant des territoires à l'ouest, dans le bassin du Tarim, et au sud, au Viêt Nam. Avec l'établissement de la route de la soie, apparait pour la première fois l'apparition d'un échange commercial entre la Chine et l'Occident. Au Ier siècle av. J.-C., le pouvoir des souverains han diminue et en l'an 9 de l'ère chrétienne, l'usurpateur Wang Mang fonde l'éphémère dynastie Xin. En 25, la dynastie Han est rétablie et perdure jusqu'au début du IIIe siècle.

 

Période des Trois Royaumes
Iil y eut encore une période de guerres pendant laquelle trois États essayèrent de se partager le territoire de la Chine.Cette période est dite des Trois Royaumes

 

L'empire unifié des Jin (280-316), période du Nord et du Sud (316-581)
Bien que ces trois royaumes aient été temporairement unifiés en 280 par l'empereur Wudi de la dynastie Jin, les barbares Wuhu ravagèrent le pays, et provoquent un immense exode des Chinois au sud du Yangzi Jiang. Avec l'aide de ces immigrants et des habitants du Sud, l'empereur Yuandi de la dynastie Jin mit en place la première des cinq dynasties du Nord et du Sud qui s'établirentà Jiangkang (près de l'actuel Nankin). Les barbares du nord s'unifièrent une première fois avec Fu Jian du Qin antérieur en 376 puis encore avecTaiwudi, troisième empereur de la dynastie Wei du Nord en 439. La dernière unification signifia l'avènement d'un groupe de nouvelles dynasties (dynasties du Nord et du Sud

 

L'empire unifié des Sui (589-617)
La Chine était alors dirigée par deux dynasties indépendantes, la première au Nord et l'autre au Sud. L'éphémère dynastie Sui réussit à unifier le pays en 589 après quasiment trois cents ans de séparation. C'est de cette époque que datent les premiers dictionnaires chinois indiquant la prononciation. On appelle la langue de cette époque le chinois médiéval.

 

L'empire unifié des Tang (618-907)
En 618, la dynastie Tang prit le pouvoir et une nouvelle ère de prospérité put comencer. Le bouddhisme qui s'était peu à peu introduit en Chine dès le Ier siècle, devint la première religion et fut largement adopté par la famille royale. Chang'an (Xi'an), la capitale de l'époque, était censée être la plus grande ville du monde. Néanmoins, les Tang finirent eux aussi par décliner et une autre période de chaos politique suivit: la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes

 

L'empire Song et l'empire Jin
En 960, la dynastie Song prit le pouvoir sur une grande partie de la Chine et établit sa capitale à Kaifeng tandis que la dynastie Liao gouvernait la Mandchourie actuelle et une partie de la Mongolie. En 1115, la deuxième dynastie Jin arriva sur le devant de la scène. Elledétruisit la dynastie Liao en à peine dix ans et la dynastie Song perdit la Chine du Nord .Elle déplaça alors sa capitale à Hangzhou. La dynastie Song dut se soumettre en reconnaissant la suzeraineté de la dynastie Jin. Dans les années qui suivirent, la Chine fut divisée entre la dynastie Song, la dynastie Jin et le Xia occidental, gouverné par les Tangoutes. Cette période permit de grandes avancées technologiques en Chine du Sud en partie à cause de la pression militaire au Nord.
Les Mongols et la dynastie chinoise des Ming

La dynastie Jin fut battue par les Mongols, qui poursuivirent leur conquête en battant les Song du Sud après une guerre longue et sanglanteElle fut la première où les armes à feu jouèrent un rôle capital. Cela ouvrit une période de paix dans à peu près toute l'Asie, que l'on a appelé pax mongolica, et qui permit à des Occidentaux aventureux, comme Marco Polo, de voyager au travers de toute la Chine et d'en rapporter les premiers récits à leurs compatriotes incrédules. En Chine, les Mongols se divisaient entre ceux qui voulaient rester dans les steppes et ceux qui voulaient adopter les coutumes du peuple conquis. Kubilai Khan fappartenait au dernier groupe et établit la dynastie Yuan, la première qui dirigea le pays tout entier et qui avait Pékin comme capitale. Pékin avait déjà été la capitale de la dynastie Jin.

En 1638 ,le ressentiment de la population finit par se traduire par une révolte qui marqua le début de la dynastie Ming . Cette dynastie commence lors d'une période de renaissance culturelle et économique. L'armée régulière compte alors pas moins d' un million d'hommes. Plus de dix tonnes de fer par an étaient produits en Chine du Nord pour subvenir aux besoins de cette gigantesque armée. Beaucoup de livres étaient imprimés grâce à des caractères mobiles. On peut dire que la Chine était, à cette période, le pays le plus avancé du monde.
Hongwu, le fondateur de la dynastie, posa les bases d'un État plus attiré par les revenus de l'agriculture que par le commerce. Sans doute à cause du passé de Hongwu, ancien paysan, le système économique des Ming mettait l'accent sur l'agriculture,au contraire de la dynastie Song, qui se reposait sur les marchands et les négociants pour ses revenus. Le système foncier féodal (la tenure) des Yuan et de la fin des Song cessa avec l'avènement de la dynastie Ming. Dimmenses territoires agricoles furent confisqués, fragmentés puis loués; l'esclavage privé fut interdit. Après la mort de l'empereur Yongle, les petits paysans propriétaires dominaient le système agricole chinois. Ces lois ont sans aucun doute ouvert la voie de l'harmonie sociale et supprimé l'extrême pauvreté de l'ère mongole. Les lois contre les marchands et les restrictions auxquelles les artisans étaient soumis restèrent essentiellement les mêmes que sous la dynastie des Song, mais à partir de ce moment, les marchands étrangers de l'époque mongole tombèrent eux aussi sous le coup de ces lois et leur influence diminua rapidement.
Le rôle de l'empereur devint encore plus autocratique, bien que Hongwu continuât nécessairement de se servir de grands secrétaires pour l'aider dans l'énorme administration de la bureaucratie, composée des demandes (pétitions et recommandations pour le trône), des édits impériaux en réponse, de rapport de différentes sortes et des enregistrements de taxes.
Sous le règne des Mongols, la population avait baissé de 40%, pour atteindre environ soixante millions d'âmes. Deux siècles plus tard, elle avait doublé. L'urbanisation progressa en me^me temps que la population grandissait et que la division du travail devenait plus compliquée. De grands centres urbains, comme Nankin et Pékin, se formaèrent et contribuèrent à la progression de l'industrie privée. En particulier, une multitude de petites entreprises se spécialisaient souvent dans le papier, la soie, le coton et les produits en porcelaine. La plupart du temps, cependant, de petits centres urbains avec leurs marchés proliféraient dans la région. Les marchés des villes vendaient principalement des denrées alimentaires de première nécessité comme de l'huile ou des épingles.
Cette période correspond à une extension de la zone d'influence des Ming. Sous le règne de l'empereur Yongle, des expéditions chinoises explorèrent de nouvelles terres et surtout des mers inconnues. L'apogée de cette période exploratrice est l'épopée de Zheng He, eunuque chinois qui alla jusqu'en Afrique et dont la flotte, selon l'auteur britannique Gavin Menzies, aurait entrepris l'exploration de la totalité du globe, atteignant l'Australie et les Amériques. Les Chinois, en encourageant les ambassadeurs des autres pays à leur payer des tributs et en se montrant eux-même extrêmement généreux avec tous les États de leur zone d'influence, ne cherchaient pas à retirer de bénéfices matériels de ces voyages, contrairement aux Européens qui commencèrent à explorer les côtes ouest de l'Afrique quelques décennies plus tard.
À la fin du XVe siècle, la Chine impériale interdit à ses sujets de construire des navires de haute-mer et de quitter le pays. Les historiens contemporains sont d'accord pour dire que cette mesure fut prise en réponse à la piraterie . De toute façon, ces restrictions sur l'émigration et sur la construction de navires furent abolies au milieu du XVIIe siècle.

 

La dynastie Qing, mandchoue
La dernière dynastie fut établie en 1644 lorsque les nomades mandchous incorporés dans l'armée impériale renversèrent la dynastie nationale des Ming.Ils fondèrent la dynastie Qing, et prirent Pékin pour capitale. Au cours des cinq cent ans suivant, les Mandchous étendirent leur pouvoir sur des territoires autrefois dominés du Xinjiang (Turkestan chinois), du Tibet et de la Mongolie. Cela couta très cher en or et en sang. . Les premiers Qing durent ces succès à la combinaison des performances militaires des Mandchous et de l'efficacité de l'administration chinoise.
L'empereur Kangxi fit rédiger le plus complet des dictionnaires de caractères chinois jamais réalisé. L'empereur Qianlong, fit compilé le catalogue de toutes les œuvres importantes de la culture chinoise. La période Qing vit aussi se perpétrer le développement de la littérature populaire, avec des œuvres telles que le Rêve dans le pavillon rouge , un des plus célèbres romans chinois, et surtout des progrès dans le domaine agricole, comme la triple récolte annuelle de riz qui permit à la population de passer au cours du XVIIIe siècle de cent quatre-vingts à quatre cents millions.
Par contre, La Chine semble ne pas avoir réagit à la supériorité technique de plus en plus évidente des Européens qui venaient commercer à Canton, notamment dans les domaines des armements ou de la construction navale , ni à leur implantation de plus en plus forte dans l'océan Indien.
Au cours du XIXe siècle, le pouvoir des Qing commença à s'affaiblir et la prospérité cessa. La Chine connut unepériode de forte agitation sociale, une stagnation sur le plan économique, une croissance démographique explosive, et des ingérences de plus en plus nettes de la part des puissances occidentales. La volonté britannique d'ouvrir le commerce et notamment de poursuivre ses exportations d'opium, que des édits impériaux rendaient illégales, se termina par la première guerre de l'opium, en 1840, et par la défaite chinoise.
Les britanniques obtinrent la cession de Hong Kong par le traité de Nankin en 1842, ainsi que l'ouverture de nouveaux ports au commerce européen. Peu de temps après, le Royaume-Uni avec d'autres puissances occidentales, dont les États-Unis et un plus tard le Japon, obtinrent des «concessions», autrement dit des petits territoires la plupart du temps côtiers sous leur contrôle, ainsi qu'une influence dans les immenses et richs régions voisines, sans compter des privilèges commerciaux. La révolte des Taiping dans les années 1850 et 1860, qui ne fut vaincue qu'avec l'appui des Occidentaux, celle des Nian, l'agitation entretenue par la Russie dans les provinces frontalières, Xinjiang et Mongolie, finirent d'appauvrir la Chine et faillirent mettre fin à la dynastie.
Les sphères du pouvoir étaient très réicentes à admettre le commerce occidental, en particulier celui de l'opium. Les occidentaux ont donc dû se contenter d'y établir des «sphères d'influence». Au contraire par exemple de l'Afrique sub-saharienne, il était possible d'accéder au marché chinois sans passer par un contrôle politique formel.Après la première guerre de l'opium, le commerce britannique puis plus tard le capital investi par les autres nations industrialisées étaient possibles avec beaucoup moins de contrôle direct qu'en Afrique, en Asie du Sud-Est, ou dans le Pacifique. D'une certaine façon, la Chine était devenue une colonie et la destination de très importants investissements occidentaux . Les puissances occidentales (y compris quelquefois le Japon) intervinrent militairement pour maintenir l'ordre, en mettant fin, entre autres,à la sinistrement célèbre révolte des Taiping où à celle des boxers. Le général britannique Charles Gordon, qui fut quelques années plus tard le malheureux défenseurde Khartoum, est souvent crédité d'avoir sauvé la dynastie mandchoue de l'insurrection des Taiping.
À partir des années 1860, les Qing, contrôlés par une impératrice douairière conservatrice (Cixi, 1860 à 1908), après avoir définitivement réprimé les rébellions grâce à des milices organisées par l'aristocratie, entamèrent la modernisation du pays. Ces nouvelles armées furent défaites par la France (guerre franco-chinoise pour le contrôle de l'Indochine, 1883-1885) puis par le Japon (première guerre sino-japonaise pour le contrôle de la Corée, 1894-1895). Des réformes plus profondes s'imposaient.
Au début du XXe siècle, la dynastie Qing était placée face à un dilemme: poursuivre les réformes mais mécontenter une aristocratie opulente et oisive ou y mettre un terme et conforter les révolutionnaires qui annonçaient la fin du régime. Ne sachant que choisir, elle se contenta d'un moyen terme et s'aliéna toutes les parties, en soutenant notamment la révolte des Boxers.

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